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Des vacances à la montagne plus écologiques et plus économiques

Hiver

Les vacances d’hiver nous offrent un moment de pause bien agréable. Pour continuer à profiter de nos belles montagnes, touchées elles aussi par le changement climatique, de nouvelles pratiques s’imposent.

13 décembre 2021

Durée de lecture : 4 minutes

Que la montagne est belle…

Comme d’autres sites touristiques qui accueillent des vacanciers en nombre, la montagne subit des impacts environnementaux : augmentation du trafic routier, de la consommation d’eau, de production de déchets à traiter, importantes dépenses énergétiques… Les comportements des touristes peuvent aider à limiter ces impacts pour permettre à tous de continuer à profiter encore longtemps des merveilles de la nature.

Et si on s’y rendait autrement qu’en voiture ?

Au premier rang de nos actions possibles : faire évoluer les moyens que nous utilisons pour nous rendre en montagne. Le tourisme lié aux sports d’hiver génère des émissions de gaz à effet de serre qui se répartissent de la manière suivante : 

  • 57 % pour nos déplacements en voiture ou en avion ;
  • 27 % pour notre chauffage et notre électricité ;
  • 2 % seulement, en ce qui concerne notre activité favorite : le ski…

Agir dès à présent est possible :

  • en optant pour les transports les moins polluants et émetteurs de GES, comme le train. Nous partirons l’esprit plus tranquille en sachant que nous éviterons les encombrements pour monter en stations (ou les fermetures de cols), les moments de stress pour poser les chaînes… ;
  • en privilégiant des destinations moins lointaines ;
  • une fois sur place, en profitant de toutes les offres de mobilités douces et en repensant nos pratiques… ; 
  • en prenant le temps de souffler, de laisser plus de place à l’émerveillement et à la découverte.

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L’eau : une ressource essentielle à préserver

Le changement climatique change considérablement la donne pour les régions de montagne. Si l’on estime le recul des glaciers entre -30 % et -50 % à l’horizon 2050, c’est aussi l’enneigement qui pose question avec une baisse déjà constatée de 20 % à 40 % des précipitations neigeuses et une remontée de 200 m en moyenne de la limite pluie-neige (à savoir l’altitude moyenne au-dessus de laquelle la pluie se transforme en neige).

Les besoins en neige de culture, dans le cadre d’une offre touristique essentiellement axée sur le « tout-neige », deviennent logiquement de plus en plus importants. En Isère par exemple, la part des surfaces des domaines skiables équipés pour la production de neige de culture va passer de 27 % en 2017 à 42 % en 2025. En Tarentaise, la proportion de pistes artificiellement enneigeables a déjà doublé, concernant 38 % des pistes.

Dans la mesure où 3 000 m3 d’eau sont nécessaires pour mobiliser 1 hectare de piste, on mesure la mobilisation d’une ressource essentielle en montagne, sachant que le réchauffement climatique entraîne d’ores et déjà un dérèglement du cycle de l’eau en montagne. En effet, lorsqu’elle est stockée sous forme de neige et de glace, l’eau est relâchée progressivement, au fil des saisons, ce qui préserve du risque de fortes crues en hiver et de sècheresse en été.  Avec la baisse des précipitations neigeuses et le recul des glaciers, la régulation de l’eau n’est plus assurée, ce qui entraîne une altération des cycles biologiques (possible disparition d’espèces végétales et animales), des chutes de séracs et blocs rocheux (plus d’alternances gel-dégel), mais aussi des pertes économiques en lien avec le « tourisme neige ».

Par ailleurs, les besoins en eau sont particulièrement forts au moment où les ressources sont les plus faibles, notamment en hiver pour l’alimentation en eau potable des stations et la production artificielle de neige.

Choisir sa station et son hébergement avec un label environnemental

Plusieurs stations de sports d’hiver s’organisent pour préserver la montagne. Le label Flocon Vert en est un bon exemple. Sur la base de 21 critères, il identifie les stations les plus engagées en faveur de la transition énergétique. De nombreux enjeux sont abordés, de la gouvernance à l’exigence de mise en place d’une stratégie touristique 4 saisons, en passant notamment par la gestion des ressources, le traitement des déchets, la mise à disposition de transports doux (pour les saisonniers comme pour les touristes) ou encore l’établissement d’une politique de maîtrise énergétique, que ce soit à travers les équipements ou la mise en place de constructions à haute performance énergétique.

À noter que 350 hébergements touristiques sont aussi certifiés Écolabel européen en France (hôtels, centres d’hébergement, résidences hôtelières, campings). Choisir un tel hébergement garantira que :

  • au moins 50 % de l’électricité proviendra de sources d’énergies renouvelables ;
  • la consommation d’eau pour les robinets et les douches sera réduite ;
  • les ampoules seront basse consommation ;
  • le personnel sera formé aux gestes qui visent à protéger l’environnement ;
  • tous les déchets seront triés afin de faciliter leur recyclage ;
  • le conditionnement en doses individuelles des produits servis au petit déjeuner sera limité ;
  • pour éviter tout gaspillage, un suivi des consommations sera réalisé.

Pour découvrir les labels sur les hébergements touristiques, consultez notre sélection.

Quelques recommandations pour votre tenue et votre matériel

La montagne a encore besoin de vous. Pour vos prochaines vacances d’hiver :

  • Pour votre équipement, privilégiez la location ;
  • ...et plutôt que d’acheter neuf, regardez ce que vous pouvez trouver d’occasion. Les vêtements, le matériel de ski, les raquettes, les luges se trouvent facilement sur les sites de vente entre particuliers ;
  • pour les vêtements de glisse, évitez tous ceux qui contiennent des Perfluorocarbures (PFC). Ces composés sont appréciés par les fabricants car ils assurent la déperlance de nos vêtements (à savoir leur capacité à rester imperméable mais aussi à laisser la transpiration du corps s’évacuer vers l’extérieur) mais ils sont aussi particulièrement volatils et alourdissent le stock de gaz à effet de serre. Selon l’Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail (Anses), ils ont aussi des effets néfastes sur la santé et agissent par exemple en qualité de perturbateur endocrinien ;
  • côté vêtements toujours, privilégiez ceux qui seront les plus respectueux de l’environnement. L’enseigne Decathlon a mis en place un affichage environnemental avec l’aide et l’expertise de l’ADEME. À ce jour, plus de 60 % des produits sont évalués et se voient attribuer une note allant de A jusqu’à E, calculée sur l’ensemble du cycle de vie du produit : choix des matières premières, fabrication, transport, fin de vie, etc. En savoir plus sur la note environnementale Decathlon

Pendant les vacances, n’oubliez pas enfin de…

Faire attention à vos déchets dans votre hébergement comme sur les pistes. Chaque année, la glace fond lorsque le temps se réchauffe et dévoile quantité de déchets. Le tri, c’est partout et toute l’année.

Découvrez sur notre chaine YouTube la vidéo « Tout ce qui se cache sous la neige »

Pour aller plus loin

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