Changeons d’air, changeons de mobilité

Nos habitudes en matière de mobilité recouvrent des enjeux sanitaires majeurs. C’est la raison pour laquelle il nous faut repenser nos modes de déplacement… Au bénéfice de la santé de tous.

15 janvier 2025

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Pourquoi nous faut-il nous déplacer autrement ?

Alors que les ¾ des trajets domicile-travail se font seul en voiture, notre dépendance à la voiture contribue à la pollution de l’air et nous expose aux émissions nocives liées au trafic routier. Celui-ci représente en effet 54 % des émissions nationales d’oxydes d’azote et 15 % des particules fines.

Les effets de la pollution de l’air sur la santé sont connus. Ils peuvent être immédiats ou à plus long terme. La pollution de l’air peut aggraver et même être à l’origine de maladies respiratoires (asthme, cancer du poumon, bronchiolite, etc.) ou cardiovasculaires (infarctus, accidents vasculaires cérébraux, arythmies, etc.). On estime ainsi que 40 000 décès sont attribuables chaque année dans notre pays aux particules fines, 7 000 au dioxyde d'azote.

Les solutions existent pourtant pour participer à l’amélioration de la qualité de l’air :

  • en troquant son véhicule thermique pour un modèle moins polluant ou encore en changeant le moteur de son véhicule pour passer à l’électrique (rétrofit), à la faveur d'aides à l’achat ou à la location proposées par l’État ou les collectivités…
  • en découvrant ou en redécouvrant toutes les alternatives en matière de mobilité, telles que le vélo et la marche sur les courts trajets, les transports en commun ou le covoiturage sur les trajets un peu plus longs…

Les bénéfices d’une évolution profonde dans nos habitudes de déplacement ne se limitent d’ailleurs pas qu’à la seule amélioration de la qualité de l’air. Notre lutte commune contre le changement climatique peut également en tirer parti, à l’heure où plus d’un tiers des gaz à effet de serre sont émis par le secteur des transports (plus de la moitié de ces émissions étant dues aux seules voitures particulières).

Autre bénéfice non négligeable : la réduction du bruit lié au trafic. Un élément qui a lui aussi des conséquences sur notre santé. Selon la Commission européenne, le bruit représente même la deuxième plus grande menace pour la santé environnementale en Europe après la pollution atmosphérique, avec plus de 100 millions de citoyens exposés à des niveaux sonores excessifs.

Zone oui aux déplacements plus actifs !

Les atouts de la marche et du vélo sur les petites distances

On ne le sait pas forcément mais en ville, 40 % des trajets quotidiens effectués en voiture font moins de 3 km. Ils sont par ailleurs 2 fois plus polluants qu’un trajet de plus grande distance : la faute à une surconsommation de carburant à moteur froid ou encore aux arrêts et redémarrages fréquents liés à la circulation en ville.

L’alternative idéale, sur les petites distances, quand c’est possible, c’est le vélo. Deux-roues seulement, mais bien plus d’atouts. Car le vélo, c’est :

  • Économique : le coût moyen d'un vélo classique s'élève à un peu plus de 550 euros. L'investissement est vite rentabilisé si l'on prend en compte les frais économisés en carburant ;
  • Écologique : sa pratique n'émet aucun polluant ni gaz à effet de serre ;
  • Bon pour la santé : selon l’OMS, 30 minutes d’activité physique quotidienne réduisent de 30 % le risque de maladies (cardiovasculaires, diabète…). Sans compter le stress évité : fini les problèmes de stationnement et les embouteillages !
  • Plus rapide qu’on ne le croit : en ville, le vélo est aussi rapide que la voiture sur les distances inférieures à 5 km.
  • Pratique : les cycles à assistance électrique permettent d’envisager des trajets plus longs (ou pentus). Pour transporter les enfants ou vos courses le vélo-cargo est en outre une parfaite alternative.

Autant d’arguments pour passer le cap, non ? Encore plus quand on sait que toutes les grandes villes disposent désormais de stations de vélos en libre-service, souvent en liaison avec les réseaux de transports en commun ou les parkings. Les pistes cyclables se développent aussi sur tout le territoire de même que les zones dédiées au stationnement des vélos en ville ou encore les parkings à vélo sécurisés à proximité des gares.

Économique, écologique et vertueux pour la santé, la marche l’est encore plus que le vélo. Elle représente le 2e mode de déplacement en France et les centres-villes ne s’y trompent pas en étant de plus en plus nombreux à aménager des zones piétonnes et/ou des « zones de rencontre » avec une vitesse des véhicules limitée à 20 km/h et la priorité donnée aux piétons.

Pour les trajets du quotidien plus distants : pensons transports en commun ou covoiturage

Les transports en commun sont moins polluants que la voiture et eux aussi plus économiques. Si le coût annuel moyen d’un trajet domicile-travail de 10 km est de 1 000 € en voiture, il n’est que de 300 € en bus !

Quand l’offre existe, mieux vaut donc privilégier le métro, le tramway, le car, le bus ou encore le train. D’autant que des aménagements piétonniers ou cyclables se développent dans de nombreuses villes pour favoriser l’accès aux gares. De quoi expérimenter l'intermodalité en panachant sur un même trajet la marche, le vélo et un ou plusieurs transports en commun !

Dans les secteurs mal desservis en transports en commun notamment, le covoiturage est une excellente alternative. Les avantages : le partage des frais de carburant et des émissions de polluants atmosphériques en moins. Outre les sites spécialisés de mise en relation entre particuliers et les services de covoiturage proposés par certaines entreprises, on peut aussi s'arranger entre collègues ou voisins.

Besoin de flexibilité ? L’autopartage : une solution réactive

On peut être un grand adepte de la marche, du vélo et des transports en communs et avoir parfois besoin d’une voiture ; pour les loisirs, les déplacements longs ou pour aller faire de grosses courses.

L’autopartage est une solution, en particulier si vous ne voyez pas l’intérêt d’être propriétaire d’un véhicule qui passe le plus clair de son temps au parking. Dans le cadre de l’autopartage, vous utilisez un véhicule mutualisé. Ce sont des coûts en moins (assurance, charges d’entretien) mais aussi des tracas de stationnement qui disparaissent.

Adopter un véhicule moins polluant : faisons le point sur les aides

Le renouvellement du parc automobile est l’un des leviers pour améliorer à terme la qualité de l’air. C’est pourquoi l’État a mis en place les aides suivantes :

Le bonus écologique

Le bonus écologique est une aide à l’achat d’un véhicule électrique et/ou à hydrogène neuf. Pour être éligible, le véhicule acheté ou loué doit bénéficier d’un score environnemental minimal. La liste des véhicules éligibles est consultable sur le site score-environnemental-bonus.ademe.fr 

La prime au retrofit

Pour ceux qui remplacent le moteur de leur véhicule thermique par un moteur électrique. Pour en savoir plus sur les montants relatifs à cette prime, rendez-vous sur le site service-public.fr

Le prêt à taux zéro

Pour faciliter le financement de l'acquisition de véhicules électrique ou hybrides rechargeables, un prêt à taux zéro est mis en place dans les ZFE en dépassement régulier des normes de qualité de l'air.

Le microcrédit véhicules propres

Pour aider les ménages modestes à acquérir un véhicule propre, le gouvernement a lancé le "microcrédit véhicules propres". Il est destiné aux personnes exclues du système bancaire classique, à faibles revenus ou en situation professionnelle fragile, qui souhaitent acquérir en location longue durée (LLD) ou en location avec option d’achat (LOA) un véhicule neuf ou d’occasion peu polluant. Son montant, calculé selon les revenus du demandeur, peut atteindre 8 000 €. Pour en savoir plus

Le leasing social

L'offre de leasing social à destination des ménages modestes est reconduite en 2025. Les ménages éligibles pourront louer avec option d'achat un véhicule électrique à 100 € par mois (jusqu'à 150 pour les "modèles familiaux"). Vous pouvez tester votre éligibilité au dispositif 

À savoir

Ces aides sont cumulables avec les aides proposées par votre collectivité locale, votre département et votre région.

Les autres aides

D’autres aides peuvent par ailleurs vous aider à adopter une mobilité ou un moyen de déplacement moins polluants.

  • Le remboursement partiel des abonnements de transport, obligatoire pour votre employeur. Il est valable pour les abonnements de transport(s) en commun mais aussi, on le sait moins, pour les abonnements de vélos en libre-service utilisés sur les trajets domicile-travail.
  • Le forfait mobilités durables, aide facultative accordée par les employeurs pour faciliter l’utilisation au quotidien de moyens de transport plus écologiques (vélo, covoiturage, véhicule partagé…). Exonérée d'impôt jusqu'à 900 € par an, l’aide est cumulable avec le remboursement partiel des abonnements de transport (dans la limite de 900 € par an).

Les zones à faibles émissions (ZFE) : mieux respirer en ville

Véritable enjeu de santé publique, la qualité de l’air est une préoccupation réelle des citoyens. Pour ne prendre que quelques exemples :

  • En 2021, 7 parents sur 10 se déclaraient préoccupés par la pollution de l'air autour de l'établissement scolaire ou la crèche de leur(s) enfant(s).
  • En 2022, 44 % des Français témoignaient de gênes à cause de la pollution de l’air et 70 % d’entre eux percevaient la circulation routière comme une des principales sources de pollution.

Cette préoccupation est aussi celle des pouvoirs publics et des collectivités à travers la mise en place de Zones à faibles émissions (ZFE) qui prévoient de restreindre progressivement leur accès aux véhicules les plus polluants (via les vignettes Crit’Air). Les zones à faibles émissions existent dans 13 autres pays européens (Allemagne, Angleterre, Autriche, Belgique, Danemark, Écosse, Espagne, Grèce, Pays-Bas, Italie, Portugal, République Tchèque, Suède) et pour certains, depuis plus de 20 ans.

Concrètement, une ZFE est une zone comportant des voies routières où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte, selon des modalités spécifiques définies par la collectivité. L’objectif ? Réduire sensiblement les émissions de polluants atmosphériques et améliorer la qualité de l’air locale, au bénéfice de la santé des habitants et autres usagers concernés par la ZFE.

Actuellement, la France recense 35 ZFE. A ce jour, toutes les grandes agglomérations en France métropolitaine sont concernées. Deux types de territoires sont toutefois distingués.

Les territoires ZFE

Ce sont les territoires qui dépassent de manière régulière les seuils réglementaires de qualité de l’air.

Ces ZFE respectent un calendrier législatif de restrictions qui ont abouti à des restrictions pour les voitures diesel de plus de 18 ans au 1er janvier 2024 (Crit’Air 4), puis pour les voitures diesel de plus de 14 ans et les voitures essence de plus de 19 ans au 1er janvier 2025 (Crit’Air 3). En raison de l’amélioration de la qualité de l’air, les agglomérations concernées sont en diminution constante, année après année : elles sont aujourd’hui au nombre de 5 (Lyon, Marseille, Paris, Rouen, Strasbourg).

Les territoires de vigilance

Les territoires de vigilance correspondent aux ZFE, dans toutes les agglomérations de plus de 150 000 habitants de France métropolitaine, dont l'instauration est obligatoire depuis le 1er janvier 2025.

Où et comment obtenir une Vignette Crit’Air

La vignette Crit’Air permet de classer les véhicules en fonction de leurs émissions polluantes en particules fines et dioxyde d’azote (NO2).

Il vous est possible de l’obtenir :

Attention aux escroqueries

Le site officiel Crit’Air du ministère n’envoie pas de message SMS aux usagers pour acheter des vignettes. Une vignette Crit’Air coûte 3,72 euros pour un véhicule immatriculé en France. Le seul site officiel est : certificat-air.gouv.fr