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Invendus non alimentaires : comment mettre fin au grand gaspillage ?

Conso responsable

4 milliards d’euros de valeur marchande dont 1,6 milliard d’euros pour le secteur des vêtements et chaussures : ce sont là les chiffres importants des invendus non alimentaires. Une étude de l’ADEME dresse, avec les acteurs des secteurs les plus importants, un état des lieux.

26 novembre 2021

Durée de lecture : 4 minutes

Invendus non alimentaires : un stock fantôme bien matériel

On parle beaucoup d’invendus alimentaires. Mais beaucoup d’autres produits sont également touchés par ce phénomène bien chiffrable. La part moyenne des invendus représente en effet 3 % du chiffre d’affaires des entreprises (qui varie de près de 9 % pour les produits culturels à 1 % pour les produits d’entretien).
Que fait-on aujourd’hui de ces invendus ? Un tiers est détruit ou recyclé (27 % recyclés, 5 % incinérés, 2 % enfouis) ; le stock restant est routé vers le déstockage, voire donné à des associations (c’est le cas à hauteur de 20 % des invendus dans le secteur de la mode par exemple).

Une étude de l’ADEME auprès des 12 principaux secteurs non alimentaires, de 70 acteurs et de 500 établissements, permet d’établir les principales causes de ces invendus. Selon l’ensemble des acteurs, c’est l’obsolescence marketing (changements de gamme, fins de série) qui est la cause principale de 34 % des invendus. Suivent les problèmes liés notamment à la surproduction (28 %) ou les constats de défauts mineurs altérant toutefois la performance des produits.

Dernière cause, en augmentation constante : les retours de produits liés au développement du e-commerce. Un élément qui doit nous responsabiliser en tant que consommateurs, d’autant plus qu’un retour de produit neuf aura aussi pour effet d’augmenter les émissions de CO2 ou les polluants rejetés dans l’air par les véhicules qui effectuent les transports entre les points de stockage et les lieux de livraison. Lorsque vous effectuez des achats en ligne, donnez-vous le temps de la réflexion (31 % des achats procèdent en effet d’une impulsion) et si vous avez un doute sur la taille idoine d’un vêtement ou d’une paire de chaussures que vous comptez acheter… peut-être est-il préférable de vous déplacer en magasin ?

Pour découvrir toutes nos recommandations et concilier e-commerce et éco-responsabilité, lisez notre tuto E-consommateur et responsable (PDF - 658 Ko).

La destruction des invendus : une pratique en net recul

Les filières s’organisent pour que la destruction des stocks non écoulés ne soit envisagée qu’en dernier recours. Alors que deviennent les invendus ?

  • Plus de 40 % de la part du chiffre d’affaires des invendus partirait aujourd’hui en déstockage.
  • Plus de 20 % serait valorisé à travers des dons aux associations de lutte contre la précarité : les acteurs du don interrogés, dans le cadre de l’étude, confirment du reste une nette progression ces dernières années de cette voie d’écoulement.
  • Environ 3 % des produits seraient réparés en vue d’une remise sur le marché.

Focus sur 3 grands secteurs de la consommation

Le taux d’invendus des vêtements et chaussures est l’un des plus élevés parmi les 12 secteurs de l’étude. Il est estimé pour 2019 à 4,1 %. La cause : une forte saisonnalité avec des renouvellements fréquents de collections. La conséquence est directe avec des surplus de vêtements constatés en fin de saison ou après les soldes. Les défauts de production et les sur-stocks sont aussi en cause. Ces invendus sont majoritairement routés vers le déstockages (65 %). 20 % des invendus sont donnés à des associations.

Rayon hygiène et soin, le taux d’invendus est moins important (1,2 % du C.A.). Mais la problématique est aussi différente puisque ces produits sont considérés comme des produits de première nécessité. C’est la raison pour laquelle les invendus vont en priorité vers les acteurs du don (à hauteur de 67 %), dans un objectif de lutte contre la précarité. Une voie privilégiée puisque la loi AGEC fixe en outre par décret une liste de produits d’hygiène et de soins devant nécessairement être réemployés et ne pouvant pas être recyclés.

Enfin, l’électroménager. Le taux d’invendus y est de l’ordre de 1,3 % du CA du secteur. Les principales causes évoquées par les acteurs sont de plusieurs natures : fin de série (29 % des répondants), défauts mineurs sur les produits (26 %), produits avec des pannes mineures (20 %), etc. Là encore, la problématique est particulière puisque les produits électroménagers sont couverts par la filière REP des Déchets d’Equipement Electrique et Electronique (DEEE) qui offre une solution de recyclage facilitée, via des éco-organismes, pour les produits ne pouvant pas être écoulés en interne, déstockés, donnés ou réparés. C’est donc le recyclage qui permet majoritairement d’écouler 38 % des invendus, suivi du déstockage (32 %) et du don (22 %) à des centres d’hébergement, ESAT ou autres structures sociales notamment. Le secteur dispose en outre d’un potentiel important pour la réparation, qui représente actuellement le mode d’écoulement de 5 % des invendus, dans le cas de produits neufs présentant des dysfonctionnements.

Même si, comme on le voit, ces différents secteurs s’organisent pour traiter leurs invendus de manière plus vertueuse et parfois solidaire, l’enseignement de cette étude est qu’à ce jour, aucun d’entre eux n’est en mesure d’annoncer à court terme une diminution notable des stocks d’invendus. C’est pourquoi un changement de nos habitudes de consommation reste plus que jamais essentiel, en contrant les effets de mode, en privilégiant l’allongement de la durée de vie de nos équipements et objets (plutôt que de les renouveler) ou encore la seconde main.

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