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Garder son smartphone le plus longtemps possible

Conso responsable

Ado

Nous remplaçons aujourd’hui nos smartphones tous les 2 à 3 ans en moyenne. Alors qu’ils fonctionnent encore bien souvent. Effet de mode, obsolescences, manque d’entretien nous incitent à un renouvellement trop fréquent qui n’est pas sans conséquence sur l’environnement.

16 janvier 2023

Durée de lecture : 0 minute

Des smartphones trop fréquemment remplacés

Remplacer trop rapidement les appareils génère de lourdes conséquences environnementales et sociales. 80 % des impacts environnementaux des smartphones sont en effet liés à leur fabrication : épuisement des ressources, atteintes à la biodiversité dues aux rejets toxiques dans l’environnement, émissions de gaz à effet de serre…

En utilisant votre smartphone le plus longtemps possible, vous évitez la production de nouveaux appareils et vous préservez l’environnement et les populations !

Carte - Quatre tours du monde pour fabriquer un smartphone.

Transcription textuelle de l'infographie Quatre tours du monde pour fabriquer un smartphone

Infographie Quatre tours du monde pour fabriquer un smartphone

Cette infographie représente le parcours effectué par un smartphone au cours de sa fabrication. Voici les différentes étapes et les zones concernées :

  1. conception le plus souvent aux États-Unis ;
  2. extraction et transformation des matières premières en Asie du Sud-Est, en Australie, en Afrique centrale et en Amérique du Sud ;
  3. fabrication des principaux composants en Asie, aux États-Unis et en Europe ;
  4. assemblage en Asie du Sud-Est.

Par la suite, la distribution se fait vers le reste du monde, le plus souvent en avion.

Des impacts importants dus à l’extraction minière

L’empreinte environnementale des smartphones est principalement due à l’extraction des minerais que l’on retrouve sous la forme de métaux dans les téléphones. L’exploitation des mines conduit notamment à la destruction d’écosystèmes : il faut par exemple excaver 200 kg de matières pour quelques grammes de minerais. Et ce ne sont pas là les seuls impacts. Il faut aussi y ajouter de multiples pollutions de l’eau, de l’air et des sols. Les activités métallurgiques et électroniques ont-elles aussi de nombreux impacts et sont très énergivores.

La fabrication des smartphones pose par ailleurs problème d’un point de vue social et éthique. Les conditions de travail dans ce secteur sont souvent déplorables et violent les droits humains fondamentaux. L’extraction des « minerais de sang » (étain, tantale, tungstène et or) conduit à alimenter des conflits armés aux dépens des populations locales.

En Chine, l’exploitation du néodyme, utilisé dans les aimants des smartphones, génère des rejets d’eau acide et des déchets chargés en radioactivité ainsi qu’en métaux lourds.

Au Chili, en Argentine et en Bolivie, l’utilisation massive d’eau pour la production de lithium (métal présent dans les batteries des smartphones) provoque des conflits d’usages avec les populations locales, au point de compromettre leur survie.

Selon l’UNICEF, plus de 40 000 enfants travailleraient dans les mines du sud de la République Démocratique du Congo, dont beaucoup dans des mines de cobalt et de coltan, minerais stratégiques que l’on retrouve dans les batteries et les condensateurs des smartphones.

Des smartphones de plus en plus complexes à fabriquer… et à recycler

Pour fabriquer un téléphone extra plat et très sophistiqué, avec de plus en plus de fonctionnalités, il faut plus de 70 matériaux différents. Ces matériaux sont présents en petite quantité et leur alliage parfois complexe rend nombre d’entre eux difficiles à recycler.

Une cinquantaine de métaux sont nécessaires pour fabriquer un smartphone, soit deux fois plus que pour un téléphone portable ancienne génération. Or, ces métaux deviennent de plus en plus complexes à exploiter dans le monde.

Des solutions pour moins d’impacts

Achetez plus durable : un téléphone reconditionné (jusqu’à 8 fois moins d’impacts que le neuf en moyenne) ou d’occasion, un modèle conçu pour durer (solide, démontable, évolutif) avec une batterie remplaçable, une connectique complète (port audio jack, port USB...) et un chargeur universel. (Une directive européenne de décembre 2022 rendra le chargeur universel (USB-C) obligatoire pour tous les smartphones à compter du 28 décembre 2024).

Prenez soin de votre smartphone : cela peut sembler anodin, mais un bon entretien évitera jusqu’à 40 % des pannes ! Protégez votre téléphone avec une housse ou une coque et un film de protection pour l’écran, laissez-le reposer quand il commence à surchauffer.

Réparez-le : si votre téléphone a moins de 2 ans et qu’il tombe en panne, faites jouer la garantie légale auprès de votre vendeur. Sinon, faites appel au SAV du constructeur ou rapprochez-vous d’un réparateur indépendant. Vous pouvez aussi essayer de le réparer vous-même à l’aide des tutoriels en ligne (iFixit, SOSav, Comment Réparer...) ou en participant à un atelier de co-réparation comme un Repair Café. À savoir : 80 % des réparations concernent des écrans brisés.

Donnez-lui une seconde vie : vendez-le ou donnez-le à quelqu’un de votre entourage ou à une structure de réemploi (Ressourceries, recycleries, réseau Emmaüs...). Rapportez-le en magasin : les distributeurs ont l’obligation de reprendre vos anciens appareils. Les téléphones collectés sont ensuite reconditionnés ou recyclés, selon leur état. Là aussi, l’effort est nécessaire : le taux de collecte des smartphones pour recyclage est à ce jour estimé à seulement 5 % (et jusqu’à 113 millions de portables dormiraient dans nos tiroirs…)

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