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L'énergie en France

  • 28 septembre 2020

Nos besoins en énergie ne cessent de croître et sont responsables d’émissions de gaz à effet de serre entraînant des changements climatiques. La solution ? Réduire nos dépenses d'énergie et développer des énergies propres.

Durée de lecture : 8 minutes

Une transition énergétique indispensable

L’énergie en France : un peu d’histoire

Entre 1960 et 1973, la croissance de la demande d’énergie est étroitement liée à la croissance économique. Le pétrole, en plein essor, permet de faire face à la fois au développement industriel et au déclin du charbon.

Entre 1973 et la fin des années 1980, les hausses de prix lors des « chocs pétroliers » questionnent les choix énergétiques, en incitant à maîtriser les consommations et à les orienter vers d’autres sources d’énergie. La tendance à l’augmentation des consommations reste toutefois forte.

La production nationale d’énergie primaire est passée de 44 Mtep en 1973 à 138 Mtep en 2018. La consommation d’énergie primaire étant d’environ 250 Mtep, le reste correspond à des énergies importées (pétrole, gaz…). En outre, cette production primaire nationale, qui est à ce jour à 80 % d’origine nucléaire, est en grande partie perdue car environ 60 Mtep de la chaleur nucléaire n’est pas valorisée. Hors l’hydro-électricité, déjà bien développée, les autres énergies renouvelables ont longtemps stagné avant de connaître ces dernières années un développement significatif.

En France, la gestion de l’énergie a longtemps été sous contrôle de l’État : activités pétrolières, charbonnage, gaz, électricité, nucléaire… Son désengagement, commencé dans les années 1990, se poursuit activement : les marchés de l’électricité et du gaz sont ouverts à la concurrence depuis 2000, conformément aux directives européennes. Aujourd’hui, l’implication des territoires est de plus en plus marquée dans le domaine de l’énergie.

Un modèle énergétique remis en question 

Notre forte dépendance aux énergies fossiles entraîne des émissions de gaz à effet de serre et fragilise notre économie lorsque les prix du pétrole, du gaz fluctuent. De plus, il existe des risques liés à l’exploitation du nucléaire et les déchets radioactifs sont complexes à traiter et à stocker. Les crises climatique et énergétique obligent à une remise en cause de nos manières de produire et de consommer l’énergie.

Découvrir notre infographie « Les énergies : comment éviter la surchauffe ? ».

Ouvrir l’infographie dans une nouvelle fenêtre

 

Objectif 2050 : une France neutre en carbone

La France s’est engagée sur l’objectif de neutralité carbone en 2050, afin de montrer l’exemple pour contenir le réchauffement planétaire à moins de 1,5 ℃. Il s’agit de viser l’équilibre entre les émissions de gaz à effet de serre et ce que notre territoire est capable d’absorber via les écosystèmes gérés par l’être humain (forêts, prairies, sols agricoles, zones humides…). Cela correspond à diviser par 6 les émissions de gaz à effet de serre d’ici le milieu du siècle.

Pour relever ce défi, la France encourage tous les acteurs de la société à :

  • poursuivre leurs efforts pour réduire les consommations d’énergie et atteindre un degré d’efficacité énergétique maximale ;
  • réduire la consommation d’énergies fossiles ;
  • amplifier le recours aux énergies renouvelables et à poursuivre les efforts de recherches technologiques.

Où en sommes-nous ?

L’énergie que nous utilisons provient encore principalement des énergies fossiles et assez peu des énergies renouvelables (moins de 16 %) mais leur part devrait doubler d’ici à 2030 notamment grâce au développement de l’énergie solaire photovoltaïque et de l’éolien.

Part des EnR

 

En France, les gisements de pétrole et de gaz conventionnel sont limités et en cours d’épuisement. L’exploitation du charbon est économiquement déficitaire et a été abandonnée. Il n’y a plus de mine d’uranium en activité. L’exploitation des gaz de schiste suscite des débats quant à son impact sur l’environnement.

La France importe 98,5 % de son pétrole (Afrique, pays de l’ex-URSS, Moyen-Orient, Mer du Nord), 98 % de son gaz naturel (Norvège, Pays-Bas, Algérie, Russie), tout son charbon (Australie, États-Unis, Afrique du Sud, Colombie) et tout son uranium (Australie, Canada, Gabon, Niger, Russie).

Les énergies renouvelables sont quant à elles disponibles sur le territoire français.

Le bois énergie est notre première ressource renouvelable nationale. Il représente 40 % des énergies renouvelables utilisées aujourd’hui en France. Le chauffage domestique au bois est toujours un secteur dynamique grâce à la modernisation des moyens de chauffage (poêle à bois, poêle à granulés).

Le bois est également de plus en plus utilisé pour alimenter de grandes chaufferies industrielles ou alimentant des réseaux de chaleur urbain. Le bois représente encore un très fort potentiel de développement en France, dans le respect d’une exploitation durable des forêts. La surface forestière de la France, qui a doublé depuis 1850, est au troisième rang en Europe derrière celles de la Suède et de la Finlande. 

De façon plus large, la biomasse permet également de produire d’autres énergies renouvelables comme le biogaz issu de la méthanisation des déchets biodégradables ou les biocarburants.

L’hydraulique est notre deuxième source d’énergie pour produire de l’électricité après le nucléaire. Les sites favorables aux grands barrages sont aujourd’hui largement équipés, même si certains aménagements pour en augmenter la capacité sont envisageables.
Le petit hydraulique peut encore se développer, à condition de maîtriser son impact sur l’environnement. 

L’énergie des marées n’est exploitée que dans l’usine marémotrice de la Rance. La France dispose du deuxième gisement éolien d’Europe (production terrestre et off-shore). C’est aujourd’hui une technologie mature et fiable avec un potentiel de développement encore très important en France. Chaque éolienne produit environ autant d’électricité que la consommation de 1500 foyers (hors chauffage et eau chaude sanitaire).

L'énergie solaire est disponible partout sur le territoire. Les installations photovoltaïques sont modulaires et peuvent équiper des bâtiments ou constituer de grandes centrales au sol. Si la part du photovoltaïque dans le mix électrique est encore faible, cette filière est dans une dynamique très positive (+ 10,6 % de progression entre 2016 et 2017) et possède encore un potentiel de développement très important. 70 % du parc total est situé au sud de la France métropolitaine où le niveau d’ensoleillement est jusqu’à 35 % supérieur aux régions du nord de la France. 

La géothermie profonde pour le chauffage urbain est exploitable dans certaines zones favorables, en particulier les bassins parisien et aquitain.

Les énergies renouvelables : des avantages et des contraintes

Le recours aux énergies renouvelables produit moins de gaz à effet de serre et de polluants que les énergies fossiles et ne produit pas de déchets nucléaires. On peut les utiliser pour produire de l’électricité, de la chaleur ou des carburants.

Elles sont plus également réparties dans le monde que les ressources fossiles mais elles sont peu concentrées. Elles sont disponibles partout sur le territoire français.
Quand elles sont produites au plus près du consommateur ou même chez lui (par exemple à l’aide de capteurs solaires thermiques sur une maison ou un immeuble), les risques de rupture d’approvisionnement et les pertes lors du transport d’énergie sont limités. 

Elles génèrent des activités créatrices d’emplois (consultez notre infographie « Pourquoi miser sur les énergies renouvelables ? » ) qui ne peuvent pas être délocalisées.

Elles peuvent présenter des contraintes en termes d’occupation d’espace et de conflit d’usage des sols (biocarburants), d’impact sur les paysages (éolien), la biodiversité (hydraulique) ou la qualité de l’air (bois-énergie). Dans le cas de l’éolien ou du solaire, la production d’énergie peut varier en fonction du vent et de l’ensoleillement (« variabilité »).

Aujourd’hui, le coût des énergies renouvelables reste élevé pour certaines d’entre elles, mais ces coûts baissent très vite, notamment pour le solaire photovoltaïque. C’est sur les technologies les plus compétitives aujourd’hui et dont le potentiel de développement est significatif que reposera en premier lieu la transition énergétique : biomasse, éolien et photovoltaïque.

La recherche continue

Des recherches sont menées actuellement pour développer de nouvelles sources d’énergies renouvelables : 

  • l'éolien en mer flottant pour installer des éoliennes en mer, plus grandes, et plus loin des côtes, là où les régimes de vent sont meilleurs ;
  • les énergies marines pour produire de l’électricité à partir des courants marins, de la force des vagues et de la houle, des marées, des différences de température entre la surface et les grands fonds, voire des gradients de salinité ;
  • la géothermie profonde pour exploiter la chaleur du sous-sol (4 500 mètres) pour produire de la vapeur qui entraînera un générateur électrique ;
  • l’hydrogène produit à partir d’énergies renouvelables, notamment d'électricité renouvelable (il est aujourd’hui produit à partir d’énergies fossiles) ;
  • les biocarburants avancés obtenus à partir de résidus agricoles, de ressources forestières, de déchets organiques ou d’algues, pourraient permettre de réduire la concurrence avec les usages alimentaires et la consommation d’espace.
     

Réduire la consommation d’énergie en France

La demande d’énergie a beaucoup augmenté depuis les années 1970. La cause ? Notre mode de vie, avec l’augmentation des déplacements, l’équipement (et suréquipement) de nos logements, l’accroissement des échanges mondialisés, etc.

Depuis le milieu des années 2000, la consommation d'énergie tend à baisser légèrement en France. Depuis 2012, année de référence des objectifs nationaux de réduction de consommation d’énergie, la consommation a baissé de 2,7 %.

Consommation finale d’énergie par secteur en 2018 en France
Source : Bilan énergétique de la France pour 2018, Commissariat général au développement durable

Résidentiel et tertiaire 45 %
Transports 32,4 %
Industrie 19,5 %
Agriculture 3,1 %

1/3 de l’énergie consommée par les transports

Pour réduire la consommation d’énergie des transports, plusieurs pistes doivent être encouragées : transport des marchandises réorienté sur le transport fluvial, ferroviaire ou maritime (cabotage en particulier), prise en compte dans l’élaboration des documents d’urbanisme des enjeux liés au transport (développement des transports en commun, lutte contre l’étalement urbain, etc.), multiplication des plans de déplacement urbains…
 
Pour diminuer la dépendance aux véhicules personnels, de nouvelles offres de mobilité, flottes de véhicules en partage ou transports collectifs plus étendus et plus rapides se développent. De nouveaux types de véhicules urbains, peu consommateurs et peu polluants, construits avec des matériaux recyclables, de petite taille, sont déjà disponibles.

45 % de l’énergie consommée par les bâtiments

Répartition de la consommation d’énergie dans les résidences principales en 2016
Source : CEREN,  Chiffres-clés Climat Air et  Energie, 2018 ADEME

Chauffage 66 %
Appareils électriques 17 %
Eau chaude sanitaire 11 %
Cuisson 5 %

Concevoir des bâtiments économes, utiliser des équipements performants et davantage les énergies renouvelables, limiter l’emploi de la climatisation, éviter de suréquiper les logements en appareils électriques et électroniques : le potentiel d’économies est important.

La rénovation des bâtiments est un enjeu essentiel en France (le parc de bâtiments mettant en moyenne environ 100 ans pour se renouveler complètement), car la construction de nouveaux bâtiments très performants ne permettra pas seule de réduire les besoins d’énergie du secteur. Améliorer l’isolation des bâtiments permet de réduire les besoins de chauffage et améliorer le confort des habitants. Des aides publiques accompagnent les particuliers qui entreprennent des travaux de rénovation de leurs logements. 

Dans notre pays, de nombreux logements sont chauffés à l’électricité. La demande d’électricité est donc beaucoup plus importante en hiver, surtout lors de vagues de froid, avec des pics en début de soirée. Pour faire face aux variations de la demande d’électricité ou des installations de production, il faut mettre en route des centrales hydrauliques mais aussi thermiques à flamme, fortement émettrices de CO2. Elles complètent la production nucléaire, qui ne peut pas être accrue dans certains types de situation : d’une part, si la production maximale du nucléaire est atteinte (pointes majeures en hiver), d’autre part si la demande augmente de façon imprévue.
 
Un exemple : le dernier pic record de consommation électrique le 8 février 2012. Ce jour-là, 102 098 MW ont été demandés en France. Avec le froid rigoureux qui a sévi sur toute la France pendant plusieurs jours, la consommation d’électricité française a connu des pointes élevées le soir à 19 h, notamment les 7 et 8 février 2012.

Pendant ces pics, l’électricité a été produite pour 60 % à 69 % par les centrales nucléaires, 10 à 13 % par les centrales hydrauliques et 13 % par les centrales au fioul, charbon, gaz et moyens de pointe. La France a même dû importer de l’électricité de façon significative ce 8 février, électricité qui est bien plus carbonée (produite à partir de la combustion d’énergies fossiles) que celle produite en France. Cette hausse des consommations par grand froid est principalement liée au nombre important de logements chauffés à l’électricité (environ 30 % des logements en France).

Dans l’industrie, économies d’énergie et compétitivité font bon ménage

L’industrie consomme 19,5 % de l’énergie en France. Les industries très consommatrices d’énergie (aluminium, ciment, papier et cartons, verre, etc.) sont intéressées par l’amélioration de leur efficacité énergétique. Elles sont également incitées par les Pouvoirs publics à le faire pour diminuer leurs émissions de gaz à effet de serre, par exemple par la mise en place de quotas d’émissions de CO2 échangeables ou l’obligation de réaliser un bilan des émissions de gaz à effet de serre pour les entreprises de plus de 500 salariés. De façon générale, les entreprises ont, depuis une vingtaine d’années, diminué leur consommation énergétique pour améliorer leur compétitivité et continuent dans cette voie.
 

L’agriculture : des voies d’amélioration

Le potentiel d’économies d’énergie et de production par des sources renouvelables y est élevé. De nouvelles pratiques agricoles permettent de moins consommer d’énergie et de limiter le recours aux engrais, dont la production est très consommatrice d’énergies fossiles.
 

 

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