Les filières du vivant face au défi climatique
Retour d’expérience · Publié le 10 septembre 2026
L'été 2026 restera comme l’un des plus rudes pour le vivant : quatre épisodes caniculaires, plus de 90 000 hectares de végétation ont disparu et près de 70 % du territoire sous restrictions d’eau. Dans ce contexte, comment les filières du vivant s’adaptent face au dérèglement climatique ? Zoom sur les filières de la forêt et de la betterave sucrière en région Centre-Val de Loire.
Des incendies dans la Brenne
Avec 26 % de surface boisée, la région Centre-Val de Loire a particulièrement souffert cet été, notamment en Brenne où près de 1 000 ha ont brulé. Le risque incendie était présent avec des niveaux « sévère » à « très sévère ». Les entreprises forestières (abattage, débardage…) ont été contraintes de s’arrêter de travailler régulièrement. Du jamais vu dans notre région.
Les sécheresses ont également entraîné une hausse de la mortalité des arbres sur pied. Ce phénomène fragilise d’autant plus le puits de carbone forestier.
Planter « des îlots d’avenir »
Face à ce constat, la filière s’organise. « La forêt n’est pas seulement exposée, elle fait partie de la réponse », résume Francis Lheure, président de Fibois.
En partenariat avec le centre national de la propriété forestière et la région Centre, des parcelles expérimentales, dites « îlots d’avenir », sont plantées avec de nouvelles essences. Chêne sessile et cèdre de l'Atlas apparaissent aux côtés des essences plus classique, et la monoculture est évitée.
Les professionnels misent sur une gestion active et durable de la forêt. Un réel défi lorsque l’on sait que la forêt appartient majoritairement à des propriétaires privés (87 %), sur des très petites surfaces (4 ha en moyenne).
La valorisation des bois locaux dans la construction et la tonnellerie est en cours de développement. Le bois énergie occupe également une place croissante : 320 chaufferies collectives consomment du bois énergie, encadrées depuis 2020 par une charte bois énergie et biodiversité (FNE, ADEME, Région Centre-Val de Loire). Entre 2018 et 2022 les prélèvements forestiers régionaux s’élevaient à 2,8 millions de m³/an, autoconsommation comprise, contre un accroissement biologique d’environ 5,5 millions de m³/an.
Financement
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2,8 millions d'euros d’aides de l’État, via l’ADEME, ont été mobilisés en Région Centre-Val de Loire pour accompagner 92 projets de renouvellement forestier, au cours des trois dernières années, grâce aux crédits du ministère de l’Agriculture et de la Souveraineté alimentaire
Chiffres clés
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200 ilots d'avenir ont été plantés ces 10 dernières années, avec des essences méditerranéennes, financés à 70 % par la région Centre-Val de Loire.
Les betteraves face à la sécheresse
Du côté des champs, les betteraves, lorsqu’elles étaient irriguées, ont mieux résister. La récolte commence tout juste, et les agriculteurs s’attendent à des rendements en deçà de la moyenne.
Cristal Union, qui regroupe 9 000 agriculteurs adhérents et 9 sucreries, teste des variétés plus tolérantes à la sécheresse, des pratiques agricoles plus résilientes et des biostimulants.
Un conseil personnalisé pour chaque agriculteur
Depuis 2024, la coopérative a engagé un vaste plan de décarbonation de la filière betteravière, avec le soutien de l’ADEME. Objectif : proposer à chaque agriculteur un conseil personnalisé pour réduire son empreinte carbone. Fin 2025, près de la moitié des adhérents étaient déjà engagés dans la démarche. La coopérative encourage l’usage d’engrais moins émissifs, de couverts multi-espèces et de légumineuses.
Une prime de 40 et 150 €/ha
Pour soutenir l’adoption de nouvelles pratiques, la coopérative verse une prime annuelle entre 40 et 150 €/ha selon le niveau d’émission de CO₂. « Ce mécanisme est deux à trois fois plus avantageux qu’un crédit carbone classique », assure Thomas Fleiter, responsable décarbonation agricole.
La coopérative décarbone activement ses processus industriels et investit également dans l’innovation. Plusieurs études et investissements ont été réalisés avec le soutien de l’ADEME à l’échelle nationale (récupération de la chaleur fatale, la géothermie, la méthanisation, décarbonation par l’électrification, optimisation de consommation énergétique…).
De la graine au flacon
Cette dynamique est soutenue par l’aval de la filière qui accompagne ces changements de pratiques en versant des premiums pour obtenir des matières premières bas carbone. Une exigence du marché qui accélère la transformation de toute la filière, de la graine jusqu’au flacon.
Financement
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110 000 € de soutien de l’État, via l’ADEME, pour accompagner Cristal Union dans sa démarche de sensibilisation et d’animation de la filière betterave face aux enjeux de résilience climatique.
Chiffres clés
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117 exploitations en betteraves accompagnées à l’adaptation face au changement climatique, en région Centre-Val de Loire.
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