Conseil · Mis à jour le 17 juillet 2026
Déployer des solutions de mobilité alternative en zone rurale
Alors que les habitants des zones périurbaines et rurales sont souvent contraints d’utiliser leur voiture au quotidien, les communes peuvent les accompagner à changer leurs habitudes en développant des solutions de mobilité alternatives.
POUR QUI ? Élus locaux
En tant qu’élu, je peux…
- Faire de l’accès à une mobilité durable pour tous une priorité de mon mandat, tout en veillant à préserver la biodiversité dans mes aménagements.
- Déployer un plan vélo motivant, avec des pistes cyclables, des aides à l’achat, un service de location longue durée de vélo électrique, des parkings sécurisés près des gares.
- Faire connaître et tester des véhicules intermédiaires pour les trajets du quotidien.
- Faciliter le covoiturage et les services d'autopartage pour optimiser l’usage des voitures.
- Prendre des mesures directes, ou engager un dialogue avec les gestionnaires de voirie, pour sécuriser les mobilités : réduire la vitesse autorisée pour les véhicules et limiter le transit des poids lourds.
- Encourager le passage aux véhicules électriques, en installant des bornes de recharge, en informant les habitants sur les avantages de ces véhicules et les dispositifs d’aides à l’achat existants, et en convertissant pour l’exemple le parc de véhicules de la commune en 100 % électrique.
- Modifier des plans de circulation pour limiter le trafic de transit et améliorer la sécurité des piétons aux abords de lieux publics.
Transport et mobilité durable : passez à l’action
Et en pratique, on peut…
Réaliser une enquête auprès des habitants
On recueille leurs habitudes et leur profil socio-économique, la géographie du territoire et ses pôles d’activité. On identifie les « zones blanches » et les sources d’insatisfaction sur les offres de transport existantes. On peut mettre en place en réponse, par exemple, un service de transport à la demande, flexible. Les services de mobilité solidaire comme le transport d’utilité sociale (le TUS, organisé par des associations et s’appuyant sur des voitures de chauffeurs bénévoles) permettent d’aider les plus contraints à accéder à une mobilité autonome.
Encourager la mobilité partagée
On aménage des aires de covoiturage aux abords des routes fréquentées. On développe des services de covoiturage et d'autopartage. On stimule l’autostop sécurisé avec des panneaux de signalisation.
Soutenir la circulation de véhicules à faibles émissions
On installe des stations de recharge pour voitures électriques, afin de contribuer au plan d’électrification des usages. On investit aussi dans une flotte électrique et on peut proposer aux habitants d’utiliser une partie des véhicules quand le personnel ne s’en sert pas.
Diversifier les solutions de mobilité individuelles grâce aux véhicules intermédiaires électriques
Dans les territoires ruraux, les trajets sont nombreux et plus longs que dans les zones urbaines. Certains déplacements de proximité, sur des dessertes locales, peuvent être adaptés à l’usage de véhicules électriques dits intermédiaires, légers et peu consommateurs en énergie (petites voitures électriques, quadricycles légers, voire vélos-cargos en cœur de bourg). On les fait connaître en expérimentant leurs usages sur le terrain.
Prendre des mesures pour développer l’usage du vélo traditionnel ou électrique
On déploie des véloroutes et des voies vertes, des parkings sécurisés (notamment en gare), une flotte de vélos électriques en libre-service, un service de réparation, etc.
Coordonner ses efforts, unir ses moyens
À l’échelle d’une petite commune rurale, agir seule sur les questions de mobilité reste souvent difficile : faibles moyens financiers, ingénierie limitée, distances importantes ou encore faible densité d’usagers compliquent la mise en place de solutions efficaces. Porter activement le sujet à l’échelle intercommunale — communauté de communes, territoires de projets comme les PETR ou les Parcs naturels régionaux lorsqu’ils existent — permet de mutualiser les moyens, de penser les déplacements à l’échelle des bassins de vie réels et de construire des services plus cohérents pour les habitants. Cette coopération permet aussi aux petites communes d’accéder plus facilement aux financements, à l’ingénierie technique et à des projets plus ambitieux en matière de transition écologique.
Ils le font déjà
Auto-Campagne : des véhicules électriques en partage dans trois villages
Une Communauté de Communes en Bourgogne Franche-Comté – 14 000 habitants
La Communauté de Communes a mis en place le dispositif Auto-Campagne afin de proposer une solution de mobilité accessible en milieu rural. Six véhicules électriques en autopartage d’une autonomie de près de 280 km réels — trois berlines et trois utilitaires — sont mis à disposition des habitants sur trois communes du territoire.
Les véhicules peuvent être réservés en ligne et utilisés 24h/24, à un tarif accessible. Ce service complète l’offre locale de transport à la demande et participe à la transition écologique des déplacements du quotidien.
Un véhicule intermédiaire pour déposer les enfants à l’école
Une commune des Hauts-de-France – 1 400 habitants
Dans cette commune, le conseil municipal a fait le choix d’un véhicule intermédiaire pour assurer le ramassage scolaire : un quadricycle à assistance électrique, construit majoritairement en bois, et pesant seulement 200 kg pour neuf passagers. Conduit par un adulte, propulsé par les enfants, ce vélobus circule chaque matin dans le village. Le dispositif permet non seulement de réduire les trajets en voiture, mais aussi de favoriser l’exercice physique et de donner le goût des mobilités actives.
Schéma ambitieux de mobilité durable
Une intercommunalité en Corse – 30 000 habitants
Trente-six communes rurales de Corse ont pu coordonner leurs efforts pour améliorer la mobilité, dans le cadre du Pôle d'équilibre territorial et rural Pays de Balagne. Grâce à un travail de concertation et à la mutualisation des moyens d’action, une voie verte de 24 km a été créée. Elle offre un itinéraire sécurisé pour les cyclistes entre deux pôles urbains. Plusieurs vélos à assistance électrique sont disponibles en location courte durée. Une trentaine de bornes de recharge pour véhicules électriques ont été réparties dans plusieurs communes, favorisant le passage à l’électrique. Une étude est également en cours pour implanter des navettes maritimes, qui pourraient compléter l’offre de transport collectif sur la côte.
La route bleue : service de covoiturage gratuit
Une Communauté de Communes de la région Auvergne Rhône-Alpes – 15 000 habitants
La Communauté de Communes a développé un service gratuit de covoiturage, sur l’axe majeur de la Route Départementale reliant Annonay à Saint-Étienne, en prenant appui sur une plateforme de covoiturage privée. Quelques 10 000 voitures empruntent cette route tous les jours. L’objectif : réduire le nombre de voitures sur cet axe, faciliter les trajets du quotidien, réduire les coûts de transport, la pollution et le nombre d’accidents.
Pourquoi est-il important de développer d’autres modes de transport en milieu rural et périurbain ?
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75 % de l’énergie utilisée par nos voitures sert à transporter des sièges vides. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre Source : Observatoire national du covoiturage quotidien, 2025
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1,1 M de trajets du quotidien en covoiturage intermédié en mars 2026. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre Source : Observatoire national du covoiturage quotidien, mars 2026
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60 % des trajets domicile-travail de moins de 5 km sont effectués en voiture et seulement 5 % à vélo. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre Source : INSEE, Insee Première n° 1835, 2021
Les collectivités jouent un rôle clé pour limiter le recours automatique à la voiture individuelle, et notamment pour accompagner les habitants des zones périurbaines et rurales, contraints d'utiliser leur véhicule au quotidien. C'est un enjeu pour le climat, la qualité de l'air et le pouvoir d'achat des habitants.
Poursuivre dans cette logique contribuerait également à accroître la perte de la biodiversité, en fragmentant les milieux naturels et en contribuant à l’artificialisation des sols. Développer des alternatives à la voiture en zone rurale ne répond donc pas seulement à des impératifs climatiques et sociaux, c’est aussi un levier pour maintenir les services rendus par la nature, indispensables à la qualité de vie des habitants.
Pour y parvenir, la planification est une étape clé pour simplifier les déplacements et diversifier l’offre de solutions de mobilités pour les habitants.