Conseil · Mis à jour le 17 juillet 2026
Manger bon, sain et local dans les cantines du territoire
Avec 4 milliards de repas servis chaque année, la restauration collective est un secteur clé de la transition alimentaire sur lequel les collectivités ont le pouvoir d’agir. C’est aussi un levier important pour dynamiser l’économie locale.
POUR QUI ? Élus locaux
En tant qu’élu, je peux…
- Intégrer une part croissante de produits bios, de saison, locaux, de qualité dans les menus, grâce à des partenariats avec les producteurs du territoire.
- Diviser par deux le gaspillage alimentaire dans les cantines gérées par le territoire, avec un plan d’action ambitieux (travail sur les menus, taille des portions, commande et gestion des restes, etc.).
- Encourager d’autres habitudes alimentaires en proposant chaque semaine à la cantine plusieurs repas végétariens, cuisinés le plus souvent possible à partir de produits bruts.
- Accompagner la structuration de filières alimentaires locales durables sur le territoire pour répondre aux besoins des habitants, et en particulier des cantines, en renforçant le lien entre citoyens et producteurs.
- Favoriser l’installation d’agriculteurs mettant en œuvre des pratiques durables (agriculture biologique, agroécologie), prioritairement sur les aires d’alimentation de captage d’eau potable, éventuellement par acquisition foncière ou d’autres outils, comme les obligations réelles environnementales (ORE).
Alimentation durable : passez à l’action
Et en pratique, on peut…
À la cantine et au self, diversifier les sources de protéines
Les menus permettent la consommation de davantage de fruits et légumes, de légumineuses, de fruits à coque et de céréales complètes ; une consommation suffisante et limitée de poisson et de produits laitiers et une limitation de la consommation de viande et de charcuterie, privilégiant les produits durables et de qualité.
On revoit les cahiers des charges en introduisant des clauses sur le respect des fréquences minimales de repas végétariens, de produits bio, ainsi que d’autres labels alimentaires publics garantissant la durabilité et la qualité des aliments.
On associe les élèves - notamment les éco-délégués - qui travaillent la question de l’alimentation dans le cadre des enseignements et de projets éducatifs.
Réorganiser l’approvisionnement, en privilégiant les circuits courts
Se fournir chez les agriculteurs du territoire permet de soutenir une activité économique locale, de réduire les transports et les pertes, et également de mieux connaître la qualité, l’origine et la saisonnalité des produits. On peut aider les filières agricoles à se regrouper pour répondre ensemble aux marchés publics et alimenter les cantines.
Travailler sur les causes du gaspillage alimentaire (type de menus, taille des portions, nature des aliments, gestion des restes…)
Les collectivités ont un rôle important à jouer dans la réduction du gaspillage alimentaire, notamment dans la gestion de leurs services de restauration collective.
On systématise les diagnostics permettant d’apporter des correctifs réguliers, on élabore un plan d’action efficace en formant le personnel de restauration, en impliquant les élèves avec des outils pédagogiques adaptés et en recueillant l’avis des usagers. Avec une démarche ambitieuse, il est possible de réduire de 50 % les denrées qui partent à la poubelle, voire de labelliser ses établissements pour faire reconnaître sa démarche. Les économies réalisées permettent alors d’introduire plus de produits de qualité, sans augmenter le prix de revient des repas.
S’impliquer dans un « projet alimentaire territorial » (PAT)
Le PAT a vocation à accélérer la transition agricole et alimentaire des territoires, en favorisant les liens entre les producteurs, les transformateurs, les distributeurs, les collectivités et les citoyens consommateurs. Dans ce cadre, on met en place des actions pour favoriser les circuits courts entre producteurs du territoire porteurs de pratiques durables et citoyens. Ces démarches peuvent être accompagnées dans les différents lieux de distribution et de consommation (commerces, restaurants, cantines, Ehpad...). L’installation de producteurs mettant en œuvre des pratiques durables (bio, agroécologiques) peut être favorisée par différents outils (création d’une ferme municipale, subventions, baux environnementaux, mise à disposition de terres et portage foncier, approvisionnement de la restauration collective...) ou structures relais (espaces tests, Terre de Liens...).
Renforcer les liens entre les professionnels de l’alimentation
On favorise les rencontres entre pairs (agriculteurs, distributeurs, restaurateurs...) et entre producteurs du territoire et citoyens.
On met en place des marchés de producteurs, des visites de ferme, des ateliers pédagogiques...
Depuis 2022, les cantines scolaires doivent mettre au menu un 1 repas végétarien par semaine et atteindre 50 % de produits durables et/ou de qualité, dont 20 % de produits bio dans leurs achats alimentaires. Elles doivent également atteindre 60% de viandes et poissons durables et de qualité.
Ils le font déjà
Valoriser les cultures locales grâce à un projet alimentaire territorial
Une commune de Guadeloupe – 6 000 habitants
Cette commune de Guadeloupe a mis en place un projet alimentaire territorial visant à réduire sa dépendance aux importations et à sécuriser son approvisionnement en s’appuyant sur des circuits courts et des cultures locales adaptées. La commune a révisé son document d’information communal sur les risques majeurs pour y inclure la sécurité de l’approvisionnement alimentaire et a créé un consortium de recherche-action avec différents acteurs (agriculteurs, INRAE, Parc national, associations, lycée agricole, etc.). La commune soutient ainsi le développement d’une filière de produits agricoles issus de variétés traditionnelles, endémiques, résilientes face aux aléas et orientées vers la consommation locale.
Appuyer la structuration de circuits courts d’approvisionnement et de transformation alimentaire
Une communauté de communes de Bourgogne-Franche-Comté – 15 000 habitants
Pour renforcer la qualité des productions alimentaires locales, la collectivité a misé sa stratégie sur l’étape de transformation (conserverie, cuisine, pâtisserie…). En appuyant les professionnels locaux, la collectivité est parvenue à augmenter la valeur ajoutée des produits, à lutter contre le gaspillage alimentaire (en lien avec une association d’aide alimentaire) et à contribuer à la fourniture des repas pour la restauration collective du territoire (deux cantines scolaires et trois accueils de loisirs).
Halte au gaspillage avec des portions adaptées
Une commune de Provence-Alpes-Côte d’Azur – 10 000 habitants
Depuis près de 20 ans, la commune s’est dotée d’objectifs ambitieux : une cantine 100 % bio, un approvisionnement le plus local possible, et le développement d’une agriculture durable vectrice de développement économique. Pour y parvenir, la commune a multiplié les initiatives : création d’un domaine agricole géré en régie municipale, programmes d'éducation alimentaire, mise en place d’un service dédié et d’une stratégie concertée. Le bilan : 25 tonnes de légumes issues de la régie agricole qui comblent plus de 85 % des besoins en cuisine et 92 % des familles qui déclarent avoir changé leurs pratiques alimentaires.
De la terre à l’assiette, une commune œuvre pour l’alimentation locale
Une commune du Grand Est – 2 000 habitants
Cette petite commune a mis la production agricole locale au cœur de son projet. Tout d’abord, en développant une activité de maraîchage et d’insertion sur 40 hectares de terres municipales et en utilisant cette production pour alimenter la cantine scolaire du village. À la suite de cette production, une cuisine collective valorisant les produits issus de l’agriculture biologique a également vu le jour afin de transformer ces aliments en plats consommables à la cantine, mais aussi pour des structures partenaires locales. La cantine a obtenu le plus haut niveau de certification du label Ecocert pour les restaurations scolaires.
Pourquoi la restauration collective est-elle un levier clé pour les élus locaux ?
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100 grammes sont gaspillés en moyenne chaque jour et par repas dans la restauration collective. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre Source : ADEME – Le gaspillage alimentaire dans la restauration collective, Chiffres clé…
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2/3 de l’empreinte carbone de l’alimentation sont liés à l’étape de production. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre Source : ADEME – Empreinte énergétique et carbone de l'alimentation en France (2019)
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+8,7 % de progression de la vente directe des producteurs bio aux consommateurs en 2023. S'ouvre dans une nouvelle fenêtre Source : Enquête de l’Agence Bio, 2023 (PDF – 2,7 Mo)
Chaque année, 4 milliards de repas sont servis en restauration collective, faisant de ce secteur un levier important pour les élus locaux qui veulent permettre aux habitants de mieux se nourrir. L’alimentation représente un quart de notre empreinte carbone et influence directement notre santé (obésité, diabète, maladies cardio-vasculaires…). Les élus locaux ont les moyens d’agir concrètement :
- en favorisant les produits locaux, de saison - idéalement bio ou issus de l’agroécologie, pour soutenir les filières agricoles responsables de leur territoire,
- en luttant contre le gaspillage, en limitant la consommation de viande, et en privilégiant des produits de qualité, pour améliorer la qualité nutritionnelle des menus et limiter les impacts environnementaux,
- en s’appuyant sur les circuits courts pour renforcer la souveraineté alimentaire et dynamiser l’économie locale.
Des ressources utiles
- Infographie – Gaspillage en restauration collective
- Vidéo – Cantines scolaires, moins gaspiller, mieux manger
- Retour d'expérience – Lauréats du programme national pour l’alimentation
- Vidéo – Qu'est-ce qu'un PAT ?
- Outil – Territoires Fertiles