Actualité · Publié le 25 août 2026
Les Projets Alimentaires Territoriaux : des leviers concrets pour transformer nos systèmes alimentaires
Depuis une quinzaine d’années, les Projets Alimentaires Territoriaux (PAT) se développent en France pour répondre aux enjeux économiques, sociaux, sanitaires et environnementaux liés à l’alimentation. Une étude réalisée par le BASIC (Bureau d'Analye Sociétale pour une Information Citoyenne) pour l’ADEME entre décembre 2025 et avril 2026 apporte une première estimation chiffrée de leurs impacts à partir de cinq territoires.
444 PAT en France
En avril 2026, 444 PAT étaient recensés en France. Inscrits dans le cadre législatif depuis 2014, ils visent notamment à rapprocher production et consommation, soutenir l’agriculture locale, améliorer l’accès à une alimentation de qualité et accompagner la transition des territoires. L’étude porte sur cinq PAT aux profils variés, représentant plus de 4 millions d’habitants.
À La Réunion, on compte aujourd’hui 9 projets alimentaires territoriaux, dont trois labellisés de niveau 1 et six de niveau 2.
Des résultats concrets pour l’environnement et l’agriculture
Les PAT agissent de la protection du foncier agricole à l’évolution des pratiques alimentaires. Dans les cinq territoires étudiés, 829 hectares de foncier agricole ont été acquis depuis 2011, dont 266 hectares issus de l’agriculture biologique en 2025.
Dans le Val de Drôme en Biovallée, l’agriculture biologique représente 27 % des surfaces agricoles, contre 11 % en moyenne en France. Ces pratiques peuvent contribuer à préserver la qualité de l’eau et des sols ainsi que la biodiversité.
La restauration collective, un levier majeur
Les cantines scolaires occupent une place centrale dans les stratégies des PAT. Dans les cinq territoires étudiés, elles servent chaque année 31 millions de repas à 208 000 enfants. Approvisionnement local, produits biologiques, diversification des protéines et réduction du gaspillage permettent d’agir à la fois sur l’environnement, l’économie et les habitudes alimentaires.
À Mouans-Sartoux, le gaspillage alimentaire a diminué de 70 % entre 2010 et 2024. À l’échelle des cinq PAT, 1 132 tonnes de denrées n’ont pas été gaspillées en 2025, soit environ 11 millions d’euros économisés. Ces actions ont également permis d’éviter 6 171 tonnes équivalent CO₂ sur l’année.
Des bénéfices économiques et sanitaires
En relocalisant une partie des achats alimentaires des cantines, les PAT créent de nouveaux débouchés pour les producteurs. L’étude estime qu’un euro consacré à l’animation d’un PAT peut générer entre 2 et 5 euros de valeur relocalisée sur le territoire. Les économies liées au gaspillage peuvent atteindre 8 à 16 euros pour un euro dépensé, selon les territoires.
Les effets concernent aussi la santé. À Mouans-Sartoux, l’étude épidémiologique KALI-Santé relève une prévalence du surpoids et de l’obésité de 7,6 % chez les enfants de 6 à 10 ans fréquentant les cantines du PAT, contre 10 % en moyenne en France. Ces résultats doivent encore être approfondis, mais ils illustrent le potentiel des PAT pour favoriser une alimentation plus saine.
Des leviers à amplifier
Ce premier bilan, fondé sur cinq territoires et les données disponibles, montre que les PAT peuvent être de véritables catalyseurs de changement, en faisant travailler ensemble collectivités, agriculteurs, acteurs économiques, restauration collective et habitants. La Stratégie nationale pour l’alimentation, la nutrition et le climat (SNANC) vise une couverture de 80 % du territoire national par des PAT d’ici 2030.
Au-delà des chiffres, l’étude confirme leur potentiel pour faire évoluer les systèmes alimentaires, en conciliant transition écologique, santé, justice sociale et développement économique local.
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