Actualité · Publié le 05 novembre 2025
Envie, acteur francilien du réemploi et de la réparation
Le réseau Envie œuvre depuis plus de 40 ans dans le réemploi et la réparation des équipements électroménagers. En Île-de-France, ses structures associent économie circulaire, réduction des déchets électriques et électroniques et accompagnement vers l’emploi à travers des activités de collecte, de réparation et de reconditionnement.
Que fait le réseau Envie pour la réduction des déchets électriques et électroniques (D3E) ?
Envie est un acteur pionnier du réemploi et de la réparation des équipements électroménagers. Notre réseau est le plus gros logisticien de France pour le recyclage des D3E, et le plus ancien avec 40 ans d’existence. Aujourd’hui, nous rassemblons 53 structures (associations ou sociétés commerciales) qui traitent les déchets ou revendent des objets reconditionnés dans des magasins. Ce sont en tout 4 000 salariés dans toute la France, dont une moitié suit un parcours de réinsertion par l’activité professionnelle.
Envie est un acteur très important de l’insertion par l'activité économique
Nous accompagnons individuellement des personnes en rupture avec le monde du travail, souvent peu qualifiées, et les formons aux métiers de la réparation ou de la vente durant deux ans au maximum. Dans chaque structure, un chargé d’accompagnement social et professionnel est présent pour lever les freins vers l’emploi et trouver des solutions aux difficultés sociales qui empêchent les individus de se mobiliser par le travail ou d’avoir une vision claire de leur avenir. Dans notre atelier à Trappes, des encadrants techniques (anciens experts ou techniciens de la grande distribution) transmettent leurs compétences-métiers à 22 apprenants.
Quel est le parcours d’un appareil électroménager que vous réparez dans cet atelier ?
Depuis 2012, nous avons rénové 37 670 appareils sur notre site de Trappes. Envie collecte tous les jours des appareils usagés soit en direct (dépôts des particuliers ou des entreprises) soit via la plateforme logistique de Darty à Bezons dans le Val-d’Oise, dans le cadre d’une convention avec l’éco-organisme Ecosystem et cette enseigne d’électroménager. Ce partenariat tripartite nous permet de ponctionner une moitié des appareils usagés collectés par les livreurs Darty dans le cadre de la responsabilité élargie du producteur. Quand nous les collectons, nous ne connaissons pas l’histoire de ces appareils… Notre objectif est de conserver ceux qui auront une deuxième vie et ceux qui seront réduits en pièces détachées et recyclés. Pour cela, nous effectuons un tri, faisons des tests mécaniques pour détecter des pannes et évaluer la réparabilité de l’appareil.
Comment s’organise Envie en Île-de-France ?
En plus de l’atelier de réparation de Trappes, nous disposons de deux boutiques : l’une au cœur de Paris propose aux consommateurs des petites réparations ; l’autre est située à Montreuil dans le Village du réemploi. À Gennevilliers et Argenteuil, des structures Envie 2E (Emploi & Environnement) proposent également des services de collecte, de manutention et de gestion aux professionnels et aux collectivités pour assurer l’acheminement de leurs D3E vers les sites de traitement. Ici, le fonctionnement est différent car ces structures répondent à des appels d’offres pour obtenir des marchés logistiques qu’il faut renouveler tous les quatre ans.
Comment se porte ce modèle Envie en Île-de-France ?
Chez Envie, le réemploi est un système vertueux qui s’autofinance à hauteur de 80 %. Nous bénéficions d’aides de l’État pour les postes en insertion à hauteur de 20 % et sommes donc contraints de nous adapter aux aléas réglementaires qui peuvent retarder l'embauche, ou encore l'ouverture de nouveaux ateliers. Nous avons actuellement une inquiétude concernant ce financement qui nous permettrait d’ouvrir comme prévu un nouvel atelier sur le boulevard Davout, afin d’accroître notre activité de réparation et d'alimenter nos deux boutiques à Paris et Montreuil. Notre modèle est aussi, en outre, concurrencé par la vente d’objets reconditionnés en ligne. C’est particulièrement le cas en Île-de-France où les Parisiens se déplacent moins dans nos boutiques situées en deuxième couronne pour faire leurs achats. Par ailleurs, le marché de l’électroménager est submergé par des produits du Sud-Est asiatique aux prix très attractifs.
La réparation est-elle entrée dans les mœurs ?
Nous observons que la tendance en faveur du réemploi retombe un peu, alors que nous avons cru – dans la période post-confinement – à un changement durable de comportements. Pour cette raison, nous nous mobiliserons durant la Semaine européenne de la réduction des déchets pour porter cette culture de l’entretien et du soin apporté aux objets, et en faire la démonstration dans notre atelier à Trappes.
Si vous avez la moindre question, vous pouvez également contacter Éric Gastineau.
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« Le réseau Envie collecte tous les jours des appareils usagés […] Quand nous les collectons, nous ne connaissons pas leur histoire. Notre objectif est de conserver ceux qui auront une deuxième vie et ceux qui seront réduits en pièces détachées et recyclés. »