L'urgence d'agir : adaptation au changement climatique
Actualités · Publié le 09 septembre 2026
François BOISLEUX, coordinateur adaptation au changement climatique à l’ADEME, et Mohamed AMJAHDI, directeur régional en Centre-Val de Loire, expliquent comment les entreprises et les collectivités peuvent être accompagnées et quelles solutions mettre en œuvre face au réchauffement.
En quoi l’adaptation au changement climatique devient-elle une urgence pour les entreprises et les collectivités ?
Les aléas climatiques – canicules, épisodes de pluies intenses, sécheresses, feux de forêt – vont se multiplier et bouleverser le vivant, les territoires et les activités économiques. L’enjeu, c’est d’intégrer cette nouvelle donne dans toutes les prises de décision, qu’il s'agisse d’une entreprise qui va investir dans un bâtiment ou un outil productif, ou d’un territoire qui va construire des équipements. Le risque, c’est d’avoir un gymnase, une école, une piscine qui ne seront plus adaptés, ou un outil industriel qui se retrouvera peut-être sous l’eau, avec la clé des arrêts de production et des pertes. Demain, votre assureur pourra aussi vous dire : « Je ne vous assure plus ».
Quelle est la démarche à suivre pour les territoires ?
Si un territoire veut rester habitable, il faut anticiper et déterminer quelles sont ses vulnérabilités. Il faut partir du constat : à quoi mon territoire est-il exposé ? Quelles sont ses capacités d’adaptation ? Quelles solutions puis-je déployer et quelles seront leurs externalités ?
L’objectif est de définir une trajectoire d’adaptation à court, moyen et long terme. La manière dont nous aménageons nos villes est essentielle. Dans un environnement minéralisé et bitumé, où l’eau ne peut pas s’infiltrer, la chaleur est stockée puis restituée la nuit : cela peut devenir invivable pour des millions de Français.
Il n’y a pas une seule solution possible mais une combinaison de solutions à mettre en œuvre : infiltration de l’eau dans les sols, concept de « ville éponge », végétalisation, ombre, protections solaires, isolation, ventilation, brasseurs d’air… Il faut aussi veiller à la justice sociale, pour que les populations les plus précaires ne vivent pas dans les quartiers les moins arborés qui sont de vraies bouilloires thermiques.
Comment les collectivités peuvent-elles se faire aider ?
L’ADEME propose la démarche TACCT, qui accompagne les territoires et leur référent climatique étape par étape, du diagnostic de vulnérabilité à la définition et à l’évaluation d’une stratégie. Des données, des webinaires, des rencontres entre pairs et une boîte à outils sont mis à disposition.
L’ADEME peut aussi financer un bureau d’études pour les collectivités qui n’ont pas l’ingénierie nécessaire. À travers le fonds chaleur, elle finance également la géothermie, qui permet à la fois de chauffer en hiver et de refroidir l’été, ainsi que des filières biomasse, des réseaux de chaleur… Autre outil, « plus fraiche ma ville », qui propose des solutions et des retours d’expérience.
Et pour les entreprises, par où commencer ?
Nos études montrent que pour elles, l’adaptation n’est pas encore un enjeu stratégique. Elles ont moins de maturité que les collectivités. Or c’est toute leur chaîne de valeur qui va être impactée. Il faut donc travailler sur la prise de conscience et il existe des outils pour les accompagner.
« Plus frais au travail », par exemple, permet d’aborder l’adaptation sous l’angle de la santé et de la sécurité au travail, ce qui peut être plus concret pour les employeurs. Sur l’aspect diagnostic, elles peuvent recourir au Diag Adaptation opéré par Bpifrance et cofinancé par l’ADEME, ou solliciter les chambres de commerce et les chambres de métiers qui proposent aussi des diagnostics parfois partiellement pris en charge. Sur la question de l’eau, l’Agence de l’eau peut elle aussi apporter des financements.
En Centre-Val de Loire, où en est-on ?
Mohamed AMJAHDI - le travail qui a été mené dans l’Indre par la préfecture, les services de l'État et le département, avec l’appui technique et la contribution de l’ADEME, peut servir d’exemple à d’autres territoires. Il y a eu un diagnostic de la vulnérabilité du territoire et un travail de concertation entre de nombreux acteurs, élus, monde économique, monde associatif. Cette démarche, née après la sécheresse de 2022 et les premiers incendies dans le secteur de la Brenne, a débouché sur un plan d’action, bouclé fin 2025, qui est devenu l’un des outils de la politique d’aménagement du département.
Le Cher a enclenché une même dynamique mais on n’en est pas encore au même niveau. À l’échelle de la région, le conseil régional et les services de l'État font par ailleurs un travail d’animation pour favoriser l’appropriation des enjeux de l’adaptation, partager les expériences, développer des outils et produire des connaissances scientifiques, afin de favoriser la transformation du territoire.
Et concrètement ?
Vous êtes une collectivité ou une entreprise en Centre-Val de Loire et souhaitez passer à l’action pour mieux vous adapter au changement climatique ? Deux rencontres vous sont proposées par l’ADEME en deuxième semestre 2026 pour vous aider à structurer votre démarche.
Au programme : des repères et clés de réussite pour construire une stratégie d’adaptation, des conseils pour mobiliser les parties prenantes de votre structure et des retours d’expérience pour éviter les principaux écueils.
Pour les collectivités
1ᵉʳ octobre 2026 – de 9h à 17h
Rencontre TETE « Adaptation au changement climatique »
- Comprendre les clés de réussite et les écueils à éviter pour construire sa stratégie.
Pour les entreprises
1ᵉʳ décembre 2026 – de 14h à 18h
Rencontre « Comprendre les clés de réussite et écueils à éviter pour construire sa stratégie adaptation au changement climatique »
- Comment élaborer une stratégie d’adaptation en phase avec les réalités de son territoire ? Quels sont les facteurs de réussite à prendre en compte et les principaux écueils à éviter ?